Histoire du bidet : invention, âge d'or et grand retour

Le bidet est une invention française apparue vers 1710, sans inventeur identifié, et dont le nom vient du « bidet », le petit cheval de poste sur lequel on montait à califourchon. Objet de luxe au XVIIIe siècle, présent dans 95 % des salles de bain françaises en 1970, il a ensuite presque disparu avant de revenir sous une forme nouvelle : le bidet WC.

Retour sur trois siècles d'histoire d'un objet qui en dit long sur notre rapport à l'hygiène, et sur la raison pour laquelle il fait son grand retour aujourd'hui.

D'où vient le mot « bidet » ?

En ancien français, un bidet désignait un petit cheval trapu, utilisé pour la poste ; le verbe « bider » signifiait trotter. L'analogie est transparente : on s'installe sur la vasque comme on enfourche un poney, une jambe de chaque côté. C'est d'ailleurs ce sens équestre qu'on retrouve dans la comptine « À dada sur mon bidet », qui n'a rien à voir avec la salle de bain : le bidet y est bien une monture.

Le mot a ensuite voyagé tel quel : on dit « bidet » en anglais, en italien, en allemand ou en espagnol, preuve de l'origine française de l'objet.

Qui a inventé le bidet ?

Personne ne peut revendiquer l'invention. Selon l'article Wikipédia consacré au bidet, l'objet apparaît en France vers 1710, sans qu'aucun nom d'inventeur ne nous soit parvenu. Les premiers modèles sont de petits meubles en bois sur pieds, dans lesquels on glisse une cuvette, parfois dissimulés dans un coffre et même équipés d'une serrure.

L'une des premières traces écrites figure dans le relevé des dépenses de Madame de Pompadour, en 1751 : la favorite de Louis XV possédait un bidet en bois de hêtre sculpté sur toutes ses faces. L'objet était alors un marqueur de raffinement, réservé à une élite.

À quoi servait un bidet autrefois ?

Au XVIIIe siècle, la salle de bain au sens moderne n'existe pas. Il n'y a pas d'eau courante dans les logements, et le bain complet reste rare. Le bidet permet une toilette intime rapide, avec une cuvette d'eau apportée à la main, sans avoir à préparer de bain. Il sert à laver les parties génitales et l'anus, mais aussi, plus prosaïquement, les pieds.

Au fil du temps, la forme évolue : des pieds, on passe à une vasque en « demi-poire » encastrée dans un meuble, puis le bois laisse place à la céramique et le bidet rejoint la salle de bain, à côté des toilettes. Avec l'arrivée de l'eau courante, il est raccordé à un robinet et à une évacuation, sous la forme qu'on connaît encore aujourd'hui.

Ce glissement raconte aussi l'histoire de l'hygiène domestique : un objet d'abord caché, presque honteux, devient un équipement assumé et visible, signe qu'une toilette intime quotidienne entre dans les mœurs.

L'âge d'or du bidet dans la salle de bain française

Pendant des décennies, le bidet est un élément standard de la salle de bain française. Wikipédia rapporte qu'en 1970, 95 % des salles de bain françaises en étaient équipées. Dans de nombreuses familles, il fait partie du décor, au même titre que le lavabo ou la baignoire, et sa présence est si banale que les générations de nos grands-parents ne se posent même pas la question de son utilité.

Ailleurs, il connaît un succès comparable. En Italie, il devient même une obligation : l'article 7 du décret ministériel du 5 juillet 1975 impose qu'au moins une salle de bain par logement comporte WC, bidet, baignoire ou douche et lavabo, comme l'explique The Local Italie. En Amérique du Sud, il équipe encore environ 90 % des foyers au Brésil, au Venezuela, en Argentine et en Uruguay.

Pourquoi le bidet a disparu des salles de bain

À partir des années 1970, le bidet sort progressivement des projets de construction et de rénovation, pour des raisons de coût et de place. Une salle de bain plus petite, une douche à la place de la baignoire, des appartements optimisés au centimètre : le bidet traditionnel, qui exige sa propre arrivée d'eau, son évacuation et un espace pour s'y installer, fait figure de luxe encombrant. En 2000, il n'équipe plus que 42 % des salles de bain françaises.

Il souffre aussi d'une image vieillotte : on l'associe à l'appartement des grands-parents, parfois on le transforme en jardinière ou en bac à linge. Beaucoup de propriétaires le démontent purement et simplement lors d'une rénovation, une opération que nous détaillons dans notre guide pour enlever un vieux bidet et le remplacer.

Du bidet au WC lavant : la révolution venue de Suisse et du Japon

Pendant que le bidet décline en France, d'autres pays réinventent le principe en l'intégrant directement aux toilettes :

  • 1957 : le Suisse Hans Maurer commercialise le Closomat, l'un des premiers WC lavants.
  • 1978 : Geberit lance à son tour un abattant et un WC complet à fonction lavante.
  • 1980 : le japonais TOTO présente le Washlet, qui popularise le « WC japonais ». Aujourd'hui, une large majorité des foyers japonais est équipée de toilettes lavantes.

L'idée est simple : plus besoin de se déplacer d'un équipement à l'autre, le jet d'eau sort sous la lunette. Le bidet n'a pas disparu, il a changé de place.

Le grand retour du bidet, sous une nouvelle forme

Depuis le début des années 2020, le bidet revient en force. Wikipédia mentionne une hausse des ventes, certains fabricants annonçant +30 % en 2021. Plusieurs raisons expliquent ce regain : une meilleure conscience de l'hygiène, l'envie de réduire ses déchets et une prise de conscience de l'empreinte du papier toilette, dont la fabrication d'un seul rouleau demande environ 150 litres d'eau.

Mais le retour ne se fait pas par le bidet en porcelaine. Il passe par des équipements qui s'installent sur des toilettes existantes, sans travaux :

  • l'abattant japonais électrique, avec eau chaude et séchage ;
  • le bidet WC mécanique, glissé entre la cuvette et l'abattant ;
  • le bidet portable, pour les déplacements.

Le bidet WC sans électricité CleanPeach s'inscrit dans cette lignée : deux buses (lavage arrière et lavage féminin), une molette pour régler la pression, aucun branchement électrique, et une pose en un quart d'heure environ. Il permet d'économiser jusqu'à 80 % de papier toilette et coûte environ 20 fois moins cher qu'un WC japonais. Le kit inclut un bidet portable offert : trois siècles plus tard, le bidet redevient nomade.

Pour comprendre en détail ses usages actuels, consultez notre article à quoi sert un bidet.

Questions fréquentes

Qui a inventé le bidet ?

Aucun inventeur n'est identifié. Le bidet apparaît en France vers 1710 ; les sources ne retiennent aucun nom d'inventeur. Il est d'abord un meuble en bois réservé aux milieux aisés.

À quoi servait un bidet autrefois ?

À faire sa toilette intime sans prendre de bain, à une époque où l'eau courante n'existait pas dans les logements. On s'en servait aussi pour se laver les pieds.

Pourquoi appelle-t-on cet objet un bidet ?

Parce qu'en ancien français, un bidet était un petit cheval. On s'installe sur la vasque à califourchon, comme sur une monture.

Que veut dire « À dada sur mon bidet » ?

Dans cette comptine, le bidet est le petit cheval, pas l'équipement sanitaire. « À dada » signifie à cheval dans le langage enfantin.

Pourquoi les Français n'ont-ils plus de bidet ?

Pour des raisons de coût et de place : les salles de bain se sont réduites, et le bidet traditionnel demande sa propre arrivée d'eau et son évacuation. Le taux d'équipement est passé de 95 % en 1970 à 42 % en 2000.

Le bidet est-il obligatoire en Italie ?

Oui, dans la salle de bain principale : un décret de 1975 impose qu'au moins une salle de bain par logement comporte un bidet.

Peut-on avoir un bidet sans place dans la salle de bain ?

Oui. Le bidet WC se fixe sous l'abattant des toilettes existantes et n'occupe aucune place supplémentaire.

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